Ode à l’onanisme

L’onanisme… Rien que le mot est beau…

Alors, bien sûr, souvent, quand on jette ce mot, soit les hommes se disent que google est leur ami, et que viiiiite, faut qu’ils cherchent ce que ça veut dire, soit les gens changent de sujet. Oui, parler de sexe, aïe, c’est difficle (mais vous savez que perso, ça ne me gène pas  ). Et de sexe avec soi même, encore plus.

Alors, j’explique déjà le mot pour ceux qui le découvrent. L’onanisme, c’est tout simplement la masturbation.

Pour moi, et là, ça n’engage que ma pomme, on a le droit de ne pas être d’accord, c’est le début d’une belle sexualité. Cela permet de faire connaissance avec son corps, de savoir comment se faire vibrer et donc, par la suite, comment vibrer à deux ( à trois, à dix, à quarante-deux, ça ne nous regarde pas!).

Alors, les hommes avouent sans trop de complexe leur pratique de l’onanisme. Enfin, en général, ils parlent plus simplement de branlette, bien évidemment 

Mais chez les femmes, c’est encore un peu confidentiel. Pourtant on assiste a un vrai boum des sextoys, et de plus en plus de femmes organisent des réunions tuperware version coquines, ou une commerciale d’une boutique de jouets vient présenter des vibro et autres joyeusetés. L’occasion d’une bonne soirée entre copines, avec en prime la découverte des derniers articles à la mode. Ca peut être très déculpabilisant, et permettre à des « novices » de débuter dans l’onanisme pas simplement manuel.

Pourtant, cette pratique est ancrée en nous, puisque dès bébés, nous nous touchons. In utéro même, le foetus se tripote régulièrement: une stimulation manuelle est observée par 70% des échographistes.

Chez les bébés et les jeunes enfants, c’est aussi très courant, même si j’avoue que le tirage de zizi version élastique m’a toujours fait peur et limite mal chez mes fils, tant j’ai pu avoir l’impression que le service 3 pièces allait finir par leur rester dans les mains…. Oo

Avec l’âge, l’apprentissage de la pudeur, et notre sympathique éducation judéo-chrétienne, la masturbation devient quelque chose de quasi honteux. On se cache (bon, ça quand même, ça doit rester personnel), on n’en parle pas, et on finit par l’envisager comme quelque chose de sale.

Nombre de femmes d’ailleurs se considère comme sale, et les noms donnés au sexe de la femme n’aide pas tellement: moule, con, ça n’évoque pas grand chose de cool. Et cela même si on aime les moules (j’en ai mangé de très bonnes encore ce midi).

Les hommes ont moins cette image de mal propre, et la masturbation est chez eux considérée comme plus naturel. D’ailleurs, aux États-Unis et au Canada dans les années 1960, un sondage (le « rapport Kinsey ») a montré que, à 15 ans, la proportion de jeunes hommes s’étant masturbés était de 82,2 % et de femmes 24,9 %. À 18 ans, ce chiffre atteignait 95,4 % pour les hommes et 46,3 % pour les femmes.

Bien évidemment, ce chiffre a évolué, et augmenté, mais force est de constater que les femmes sont à la traîne dans la découverte de leur plaisir. Et nombre de mes amies ont vraiment commencé à se toucher vers 25/30 ans.

L’enquête CSF sur la sexualité des français (Inserm, Ined, réalisée en 2006) montre que 60 % des femmes âgées de 18 à 69 ans ont déjà pratiqué la masturbation (48 % des 18-19 ans, 54 % des 20-24 ans, 66 % des 25-34 ans, 68 % des 35-39 ans, 64 % des 40-49 ans, 60 % des 50-59 ans, 43 % des 60-69 ans. Celles qui se masturbent régulièrement (c’est-à-dire « souvent » ou « parfois » au cours des 12 derniers mois selon la définition adoptées par les enquêteurs de CSF) ne sont plus que 10 % à 18-19 ans, 16 % des 20-24 ans, 22 % des 25-49 ans, 14 % des 50-69 ans, 10 % des 60-69 ans). Il s’agit d’une pratique d’autant plus déclarée que la femme est diplômée ; ainsi, 29 % des femmes diplômée de l’enseignement supérieur sont des pratiquantes régulières mais seulement 14 % des femmes sans diplôme. De la même façon, 51 % de ces dernières disent ne s’être jamais masturbées alors que 80 % des plus diplômées l’ont déjà fait. Un lien déjà signalé dans l’enquête américaine (NHSLS). Enfin, l’enquête CSF montre que si la pratique régulière de la masturbation concerne 43 % de celles qui ont connu au moins 10 partenaires, ce n’est plus le cas que de 11 % de celles qui n’en ont eu qu’un.

On peut penser en lisant que plus on a eu de partenaires, plus on se masturbera, que l’onanisme touche plus celles qui sont dans la recherche du plaisir. Mais même si on a eu un seul partenaire, pourquoi se priver du plaisir de se faire jouir seule, sans être à la merci du plaisir de l’autre. Pourquoi se priver de savoir quel zone de notre corps réagira à quelle caresse, de manière à pouvoir mieux guider sa moitié?

Se toucher avec ses doigts, ses mains, se servir de gadget (I love My rabbit ?) pour se faire jouir sans contrainte, sans craindre le jugement de l’autre, puis pour guider son/sa partenaire dans notre plaisir, c’est à mon sens le meilleur moyen d’avoir une sexualité épanouie et heureuse. Et pourquoi ne pas pratiquer ensuite, quand on en ressent l’envie, l’onanisme en couple?

Personnellement, j’aime mettre ma main sur celle de mon partenaire lorsqu’il se caresse pour sentir sa manière de faire, la vitesse, l’appui qu’il y met, ou lorsqu’il me caresse pour doucement lui montrer par des pressions ou et comment j’ai envie qu’il fasse. Tout comme j’aime le regarder se faire plaisir, ou me donner du plaisir à ses côtés.

Pour autant, j’adore jouer avec mes sextoys lorsque je suis seule. L’orgasme arrive vite, fort, et je ne suis jamais déçue de moi même, le plaisir est toujours au rendez-vous.

Alors osons nous toucher! Osons aimer l’onanisme! A vos doigts, citoyennes, caressons nous allègrement!

Et apprenons par là même, apprenons à aimer nos corps et donnons nous du plaisir. C’est le meilleur moyen d’en prendre avec d’autres 

 

PS: cette pratique était considérée comme une perversion, un péché et un problème médical.

À la fin du xix siècle, il était pensé que la consommation d’aliments savoureux provoquait la masturbation, tandis que les aliments fades la décourageait. Des aliments, comme les céréales Kellogg’s Corn Flakes (sans sucre à l’époque), ont été spécialement conçus par des médecins, des religieux ou des moralistes pour lutter contre la masturbation. Mouhahahah!!

 
 
Sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Masturbation
 
 
 





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5 Commentaires sur Ode à l’onanisme

  1. Yan
    22 janvier 2012 at 9 h 31 min (8 années il y a)

    Je mangeais plein de Kellog’s petite… Ben… ils ont raté leur coup, ça devait pas être assez fade pour moi :-p

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    • Claire
      Claire
      22 janvier 2012 at 9 h 31 min (8 années il y a)

      Et c’est tant mieux 🙂

      Répondre
  2. tendre mais ferme
    4 septembre 2012 at 9 h 41 min (7 années il y a)

    mais quel bel article!
    C’est vrai qu’à deux c’est mieux. C’est peut-être même meilleur qu’une partie de jambes en l’air classique (glam).
    Perso j’adore imaginer que ma femme se laisse aller à quelques plaisirs solitaires.
    Non pas que ce soit une source d’érotisme de l’imaginer ainsi (quoi que), mais j’aime savoir qu’elle est libre, détendue et surtout sans trop de complexes.
    C’est agréable quand elle ose (un peu) m’en parler, ça veut dire qu’elle est bien dans sa peau.
    Et puis, ce qui est bon pour elle est bon pour notre couple, non?

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    • Claire
      Claire
      4 septembre 2012 at 9 h 41 min (7 années il y a)

      Je suis bien d’accord, c’est aussi très bon pour le couple. Merci pour ton témoignage masculin, bien agréable

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  3. anonyme
    7 juin 2016 at 17 h 33 min (3 années il y a)

    JE PROTESTE !

    D’abord, le rapport Kinsey n’a aucune valeur. Ce pervers a compté comme orgasmes des hurlements de douleur et de terreur de gamins violés.

    Ensuite, l’idée que les mots désignant le sexe féminin seraient cause d’un dégoût m’étonne firt. Chatte, minou, zézette, c’est quand même plus joli que bitte ou queue</idees, non ? En français, comme en anglais (pussy), les mots pour désigner le sexe féminin sont tendres et mignons. Les femmes qui trouvent leur sexe « sale » ne se plaignent pas du nom qu’on lui donne, mais de ce qu’elles n’aiment pas qu’on touche la fente par où elles font pipi, par où coulent leurs règles.

    Le saviez-vous ? La masturbation féminine est l’un des principaux fantasmes masculins.

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