Deuil Périnatal: le témoignage de Blandine

Merci à toutes celles qui continuent à m’envoyer leurs témoignages. Ne vous étonnez pas de ne pas voir le vôtre apparaître de suite, n’en mettant en ligne qu’un par semaine, cela peut prendre un peu de temps, mais je diffuserais la parole de chacune, c’est très important.

Aujourd’hui, voici une parole sur la durée.

Parfois, le sort s’acharne… L’envie de bébé est là, depuis longtemps, mais la vie nous pousse ailleurs…
C’est le cas de Blandine, qui nous livre ici un boulversant témoignage sur plusieurs années…
Aujourd’hui, elle est maman de deux magnifiques petites filles. Mais ses autres bébés sont malgré tout toujours présents dans son coeur de maman…

Premier +. 20 ans, un oubli avec un amant de passage déjà envolé, une meilleure amie qui ne la croit pas, le doute, mais l’envie. Jeune, oui, mais sûre du choix, même seule. 3 jours après, le choix s’est imposé de lui-même, après de violentes douleurs. Un secret bien gardé, un malaise caché dans un coin du cœur, le côté où on range ce que l’on tait à soi-même.

L’envie, viscérale, est restée.

Second +. 22 ans du matin, un soir d’Amour, avec l’homme qui partage sa vie depuis plus d’an. Tout est prévu, bébé arrivera après l’été, après les examens, belle façon de commencer sa vie d’adulte. La joie, le bonheur. Bébé est là, désiré, c’est une délicieuse peur, une belle inconnue. Finir ses études avec un ventre rond est enthousiasmant, ne l’inquiète pas le moins du monde. Elle a confiance en elle, en ses capacités. L’annonce aux parents, maladroite, ils croient que c’est un accident.

L’incompréhension. Parents protecteurs qui ont peur pour leur progéniture qui a grandit trop vite. Elle n’arrive pas à exprimer son envie, son désir. Elle se laisse envahir par l’incertitude et les conseils atroces qui suivent.

« Ça se fait tous les jours, c’est rien ». Ne pas garder son bébé n’avait jamais été une option mais cela est devenu un ordre auquel elle se plie, en bonne petite fille bien sage. Entre les pleurs, le soutien sans faille de son amoureux, elle rencontre des gens qui font tout pour la dissuader du choix qu’elle n’a pas fait. Pourquoi ne se bat-elle pas ? Pourquoi se laisse-t-elle faire ? Allez savoir, parfois l’influence de certaines personnes est plus fort que sa propre volonté.

Visite chez le gynécologue. Première échographie. Le cœur ne bat pas. Bébé s’en est allé tout seul. Elle sait que si elle avait entendu son cœur, un seul battement, elle n’aurait rien fait. Elle n’aurait jamais pu. Mais maintenant la tristesse l’envahit. Quelque part, elle l’a fait partir. Elle veut en finir vite, oublier, passer à autre chose. Un rendez-vous à l’hôpital où elle est traitée comme une adolescente irresponsable. L’anesthésiste se moque d’elle. On ne fait pas attention à sa souffrance, elle est « la quatrième IVG », V pour volontaire. Quelle ironie, elle qui n’a jamais imposé sa volonté.

L’après. L’envie est toujours là. Déchirante. Le Grand Amour a pris un coup, mais s’en remet, doucement. Ils n’en parlent pas, peu. Chacun souffre dans son coin. Lui n’a pas compris comment il s’est laissé entraîné dans la décision des parents. Elle regrette de n’avoir jamais dit à quel point ce bébé était désiré et déjà aimé. Mais déjà le sujet est tabou. Alors il rejoint ce coin du c?ur, le côté où l’on range ce que l’on tait à soi-même.

Troisième +. Dix mois après. 22 ans du soir. Un soir d’Amour, le même homme qui est sans conteste l’Homme de sa Vie. On se le dit doucement, tendrement. Personne n’est dans la confidence. Petit à petit, quelques proches sont mis au courant. Mais pas les parents, non, elle a bien trop peur de revivre ce cauchemar. Les choses sont compliquées car ils habitent temporairement chez eux. Mais 3 mois passent, et la semaine prochaine, l’annonce sera faite en grand. Plus de maladresse, une affirmation cette fois. Le choix est fait. Et puis?

Du sang. Douleur, elle ne le saura que l’année d’après, mais ce sont des contractions. Elle perd le bébé. Elle se tord, mais elle souffre seule. Elle ne dit rien. Elle va se coucher. Le lendemain son amoureux l’emmène à l’hôpital, on lui annonce qu’on ne voit rien. Un œuf clair apparemment. Pas de bébé, un fantôme. Elle qui lui parlait depuis 3 mois.

Comment-est-ce possible ? Elle le sentait vivant, elle y croyait. Avait-elle tout inventé ?

On lui propose une IMG. Pas question. Elle veut laisser faire. Réfugiée chez sa meilleure amie, la poche ses eaux se rompt, sans prévenir. Du sang, encore du sang. Et puis un paquet plus gros, peut-être le placenta, peut-être le fameux œuf clair, le tout s’enfuit d’elle, comme cette grossesse si désirée mais non avouée.

Et comme les autres, ce souvenir, cette douleur ira dans un coin du cœur, le côté où l’on range ce que l’on tait à soi-même.

Blandine






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35 Commentaires sur Deuil Périnatal: le témoignage de Blandine

  1. margouillas
    2 mars 2009 at 2 h 52 min (9 années il y a)

    Olala c’est déchirant!!! grosses bise Blandine

    Répondre
  2. Loux
    2 mars 2009 at 3 h 16 min (9 années il y a)

    Ces témoignages sont si bouleversants… Tant de souffrance. Je vous embrasse.

    Répondre
  3. Nansou
    2 mars 2009 at 3 h 39 min (9 années il y a)

    Je reçois tes douleurs parce que ton récit me touche énormément.. tant de tristesse que tu n’as pu partager aux moments importants… heureursement, la vie t’a souri depuis… Profites pleinement de ton bonheur !

    Répondre
  4. Sealeha
    2 mars 2009 at 3 h 39 min (9 années il y a)

    Bouleversant, c’est aussi le mot qui m’est venu à l’esprit… Je t’embrasse très fort, Blandine. Quelle tristesse…

    Répondre
  5. Aurôre
    2 mars 2009 at 7 h 05 min (9 années il y a)

    beaucoup de ouffrance et de melancolie meme pour moi maman de dux enfants qui n ai jamais eu le moindre mal pur les accuiellir mille baiers a cette blandine

    Répondre
  6. Isa/bestiol2
    2 mars 2009 at 8 h 22 min (9 années il y a)

    c’est terrible, on lit et on a envie de lire la suite: combien de vies fugaces pour qu’une s’installe enfin pour de bon dans ce corps qui la désire ardemment….

    Répondre
  7. gaellebt
    2 mars 2009 at 10 h 57 min (9 années il y a)

    quand je lis le récit de Blandine, au delà de la souffrance qu’elle a du ressentir, je me dis: « pourvu que moi, quand mes enfants seront adultes, pourvu que jamais je ne le fasse subir ce non-choix, pour rien..ni les études, ni leur vie amoureuse, ni leur envie de garder ou non un enfant qu’ils auront conçus. » être parents, c’est difficile parfois et l’on voit à quel point on peut influer sur la vie de nos enfants.. J’aimerais avoir la certitude de ne jamais cesser d’être à l’écoute…

    Répondre
  8. Casse-bonbec
    3 mars 2009 at 10 h 23 min (9 années il y a)

    J’ai eu aussi des parents hyper « protecteurs »… étouffants, envahissants… je sais qu’ils auraient agi comme les parents de Blandine. Je la comprends, je suis triste pour elle… mais heureuse de savoir qu’elle a quand même pu avoir des enfants. Mais au prix de quelles douleurs, de quels chagrins !

    Répondre
  9. Laure
    4 mars 2009 at 7 h 33 min (9 années il y a)

    Blandine, j’avais déjà été émue par ton récit sur le forum, et je te le redis ici… Quelles souffrances… Je te serre fort dans mes bras…

    Répondre
  10. Anonyme
    6 mars 2009 at 1 h 14 min (9 années il y a)

    Tout d’abord je tiens à préciser que les commentaires qui vont suivre s’adressent à l’auteur de ce forum et non aux dépositaires des témoignages….
    « Témoignages sur le deuil périnatal » c’est bien la rubrique dans laquelle nous sommes censés être. Sur 5 témoignages, 1 seul concerne une femme ayant véritablement donné naissance à un (içi 2) bébés mort-in-utéro….
    Je ne viens pas dire ici que les fausses couches à répétition ne sont pas douloureuses et qu’elles ne marquent pas une vie.
    Je ne remet pas non plus en cause le fait qu’une IVG est toujours un traumatisme.
    Je viens seulement vous dire que je suis choquée que derrière ces événements difficiles vous placiez si facilement l’étiquette de « deuil périnatal ». Car d’expérience, je vous assure qu’il est bien différent de faire une fausse couche à 3 semaines de grossesse, de subir une IVG, et de devoir aller enterrer son bébé après 8 mois de grossesse.
    Si cela me révolte, c’est que je n’aurais pas l’impertinence de me comparer à une femme ayant perdue son enfant après des mois et des mois de chimiothérapie par exemple.
    Alors certes, vivre une fausse couche est bien souvent un drame. Mais désolée si je vous choque à nouveau, cela n’a strictement rien à voir avec ce qu’on appelle le deuil périnatal. Deuil pour lequel nous sommes nombreuses à nous battre pour sa reconnaissance sociale. Et qui aura bien du mal à l’être si on y colle des images bien éloignées de ce qu’il est en réalité: la mort du bébé survenant du 2° trimestre et pendant la première semaine de vie extra-utérine…
    Bonne continuation à toutes

    Répondre
    • Claire
      Claire
      6 mars 2009 at 1 h 14 min (9 années il y a)

      Anonyme, le deuil périntala est la mort avant ou peu de temps après la naissance d’un bébé, il n’y a jamais eu de date à justifier, en tout cas, pas sur le papier.
      Mais une fois de plus, grace à vous, nous nous voyons refuser le droit à ce deuil. La fausse couche n’est donc qu’une fausse couche? Je n’ai donc pas porté le vie? je ne suis pas mère de ce bébé?
      Je trouve vraiment très triste qu’à nouveau, l’amour soit comptabilisé selon les semaines, que la douleur soit quantifiée.
      Jamais je n’aurais « l’impertinence » (je pense que tu voulais dire l’indécence) de comparer ma douleur avec celle d’une autre, la souffrance n’est pas moi ni quantifiable, ni comparable et chaque personne la vit différemment, à sa manière.
      Oui, je suis choquée que tu me dises que la perte d’un bébé, même au premier trimestre n’a strictement rien à voir avec le deuil périnatal. Tu refuses alors à ce bébé si vite parti le droit d’exister et à moi le droit de l’avoir porté et de le pleurer.
      Tu te bats pour quelque chose de juste et je ne doute pas que ta colère soit motivée par le chagrin. Mais en agissant ainsi, tu procèdes d ela meme maniere que procedent ceux qui refusent l’existence légale d’un bébé lors du 2e trismestre de grossesse.
      Sache aussi que j’ai reçu de nombreux témoignages, et que j’en reçois encore, de deuil à tout stade de la grossesse et que jamais aucune femme ne m’a tenu ton discours, bien au contraire.
      Mais le fait que tu ne donnes ni ton blog (peut-etre n’en as tu pas), ni ton mail (peut-etre n’en as tu pas non plyus, mais la j’en doute), ni même un nom ou un pseudo me fait penser que tu n’es pas si à l’aise avec tes propos.
      Signer Anonyme, je trouve cela bien petit tout de même, mais comme je suis pour l’expression des sentiments, je laisse malgré tout ton commentaire.

      Répondre
  11. Isa/bestiol2
    7 mars 2009 at 5 h 09 min (9 années il y a)

    il est en effet délicat de donner une définition exacte du deuil périnatal…si on prend le sens le plus stricte, c’est bien de mort avant la naissance qu’il s’agit! c’est avec ce genre de discours qui est le votre que nombre de femmes qui ont « simplement » fait une fausse-couche n’osent exprimer leur douleur et se la traine comme une blessure inguérissable quand bien même il aura d’autres naissance « après »…
    de quel droit vous permettez-vous de jauger la douleur des autres!? j’ai moi-même vécu la fausse-couche (et j’espère ne plus jamais avoir à revivre ça) j’ai autour de mois nombre de femmes qui ont du accoucher de leur bébé mort AVANT 8 mois de grossesse, depuis quand la douleur de perdre un être aimé, un bébé en devenir, une partie de nous même n’a de valeur que par des chiffres, des lois et des dates sur un calendrier?
    certes la reconnaissance juridique du deuil périnatal est un réel combat en France pour un cas comme le votre comme pour toutes les associations qui se battent afin que soit reconnus les fœtus morts entre 14 et 22 SA par exemple (votre discours ferait bondir les-dites associations, comme il fera sans doute bondir toutes celles qui participent à cette rubrique, et son venu le cœur lourd partager leurs histoires avec nous!!)
    Je vous joins la charte philosophique du programme de deuil périnatal d’une maternité dans son programme d’accompagnement du deuil périnatal et que je trouve très juste:
    « Nous reconnaissons que les familles qui perdent un enfant dans un contexte de périnatalité, quel que soit l’âge de la grossesse ou le motif de la perte, sont tout aussi affligés que s’il s’agissait de la perte d’un être cher.
    Nous reconnaissons que chaque famille et chaque expérience de deuil est unique. Ainsi, chaque individu avec ses ressources personnelles selon son développement cognitif, social, émotionnel ou selon sa culture ou sa religion et surtout selon la signification attribuée à cette perte, vit à sa façon son propre deuil. »

    Ça s’appelle la tolérance…

    Répondre
  12. Dine
    8 mars 2009 at 4 h 47 min (9 années il y a)

    Je me suis toujours dit que ce n’était pas si important. D’ailleurs, en parler, pourquoi ? C’était il y a si longtemps…et aujourd’hui j’ai mes filles qui me comblent… Mais Claire m’a fait y penser, m’y replonger… Il me faut l’écrire comme si ce n’était pas moi, à la 3ème personne pour tout dire sans rien cacher.
    Ça m’a fait de la peine de lire Anonyme car je crois que vous avez beaucoup souffert. Chaque douleur est personnelle, incomparable à une autre, et je crois que le deuil englobe bien plus que vous le dites…
    Merci à Claire de nous donner la possibilité de faire ce deuil que l’on nous refuse. Merci.

    Répondre
  13. Angélique
    10 mars 2009 at 8 h 16 min (9 années il y a)

    Puisque nous sommes autorisé à exprimer nos sentiments sur ce site je vais partager les miens avec vous!!!
    Je rejoinds l’avis d’Anonyme le deuil de la fausse couche n’est pas comparable à la perte d’un enfant que l’on a porté pendant 5/6/7/8/9 mois.
    J’ai moi même l’expérience des 2 situations,j’ai fais 9 fauuse couche de 1er trimestre,et j’ai accouché de mon fils mort né il y a 4 mois.
    Donc je sais de quoi je parle!!!Bien sur qu’une fausse couche n’est pas anodine,c’est l’espoir d’une grossesse qui s’envole,de projet qui ne reste qu’à l’état de projet mais on s’en relève.On sourie vite de nouveau,on s’amuse vite de nouveau et on place nos echecs de coté et on y pense de temps en temps.
    Alors que porter son enfant,suivre son évolution à travers les échos,le mettre au monde mort né,le prendre dans ces bras,l’embrasser et l’enterrer est une perte bien différente.
    La vie reprend le dessus mais celle ci est faite de larmes et de peine permanente,journalière,que nous ne ressentons pas lors d’une fausse couche!!!Cette peine nous la porterons à vie!!!!
    Ce sont les sentiments qu’Anonyme voulait vous transmettre à travers ces paroles,elle n’a pas dit que quiconque n’avait le droit de porter la vie et que quiconque n’était pas la mère d’un enfant perdu au 1er trimestre.
    Bien sur que si la souffrance est quantifiable à ce stade et elle est bien plus douloureuse.
    Avant même de perdre mon fils je ne connaissais pas le terme de deuil périnatal,je l’ai appris à mes dépends.
    Je suis sur et certaine que beaucoup de femme faisant une fausse couche ne la qualifie pas en ces termes.
    Je pense au contraire qu’Anonyme est à l’aise dans ses propos et qu’elle sait de quoi elle parle.
    Donc que ça ne choque personne mais je trouve vos réaction face à anonyme hyper déroutantes.Elle n’a fais qu’exprimer ce que moi même je ressens face au terme de deuil périnatal!!!
    Je laisse mon nom de façon à ne pas être considéré comme non à l’aise dans mes propos.
    Cordialement

    Répondre
    • Claire
      Claire
      10 mars 2009 at 8 h 16 min (9 années il y a)

      Angélique, encore une fois, PERSONNE NE COMPARE !!! Il n’y a que vosu qui le faites!
      Par contre, merci de ne pas extrapoler, parce que dire qu’on se remet vite d’une fausse couche, alors que des femmes mettent des années à s’en remettre, que durant des années, elles pleurent cet enfant, là, c’est vraiment nier leur douleur. Ca a peut etre été le cas pour toi, mais pour beaucoup, c’est un vrai deuil, long, douloureux, avec des répercussions sur la vie du couple, sur la vie de femme.
      En tant que doula, je travaille parfois avec des femmes qui des années après portent encore ces bébés, ces touts petits dont on leur a refusé le deuil, dont elles n’ont pas accouché.
      et, non, la douleur n’est jamais quantifiable, quelle qu’elle soit.
      Je te souhaite du courage dans cette épreuve, car la souffrance est bien là, on le sent.

      Répondre
  14. anonyme
    10 mars 2009 at 10 h 45 min (9 années il y a)

    Bonjour Claire
    En relisant ton commentaire je comprend désormais mieux pourquoi je t’ai fait bondir et pourquoi dans cette rubrique sur le deuil périnatal, la grande majorité des témoignages portent sur la fausse couche et l’IVG et non sur la mort fœtale…..parce que malgré ce que tu penses, c’est Différent. En terme de vécu, c’est différent; la répercussion sur la fratrie, sur la famille est différente. Chaque femme ayant vécue l’une et l’autre des situations te le dira.(moi y compris, je sais de quoi je parle j’ai subie les 3, fausse-couche, IVG et mort fœtale) C’est Différent et puisque ça l’est ça ne rentre pas dans la même case.
    Contrairement à ce que tu as l’air de croire, je ne te refuse pas le droit à la douleur, ni à l’amour pour ce petit bout.
    Ce que je te reproche, c’est l’orientation des témoignages. Mais effectivement, toi tu as souffert de ta fausse couche, tu considères cela comme faisant partie du processus de deuil périnatal; mais tu fais comme les autres, tu t’arranges avec la réalité et t’occultes toute la partie dont personne ne veut parler: la mort du bébé qu’il faut enterrer. Tu l’occultes parce que (arrête moi si je me trompe) tu ne sais pas ce que c’est et de fait tu fais comme les autres, ça te fait peur et tu ne sais pas l’aborder.
    Alors, peut-être suis-je intolérante, c’est possible. Mais encore une fois, je ne remet pas en cause votre chagrin, et ce quelque soit le terme de la perte du bébé. Je remet en cause que dans cette rubrique on laisse la parole aux femmes ayant perdu un enfant très très tôt et qu’il n’y a qu’un seul témoignage sur la mort fœtale alors qu’on se trouve dans la rubrique « témoignages sur le deuil périnatal » Mais, quoique vous en pensiez, je pense qu’effectivement c’est encore une manière déguisée de casser le tabou sans le faire. On parle de la fausse couche du 1° trimestre et de l’IVG facilement, mais la mort fœtale que dalle. Sur ce on met l’étiquette de deuil périnatal, ça fait bien, c’est dans l’air du temps. Et on ne parle pas du vrai sujet.
    Pour ceux qui ne l’aurait pas encore compris, je parle d’étiquette et de sens des mots, pas de la douleur de chacun, qui est très personnel et n’a pas à être jugée. Et je n’aurais jamais posté ce message si parmi les témoignages de mort-fœtale il y en avait eu sur les fausses-couches et l’IVG….
    Tu dis que je procède de la même manière que ceux qui refuse l’existence légale de la perte d’un bébé au 2° trimestre. Et bien, non. Je pense que tu donnes de l’eau à leur moulin en assimilant la mort fœtale à la fausse couche et l’IVG! Tu nivèles par le bas et minimises la réalité. Après on a comme ça des gens qui nous dise « bein c’est pas grave vous en referez d’autres! » Et nous on se bât sans arrêt pour que ce ne soit pas comparé à une fausse couche!!!!
    Donc si tes propos te heurtent, sache que les tiens aussi me donne envie d’hurler. Parce que tu fais comme les autres au final, tu penses que c’est comparable à une fausse couche, si douloureuse soit elle, alors qu’il n’en est rien!
    Désolée pour celles que j’ai blessé, ce n’était pas le but de la manœuvre.
    Et je n’ai pas à me justifier ou non de ne pas te donner ni mon nom ni mon adresse mail; je ne te connais pas et on est sur internet ici, pas dans un café comptoir….Et mes propos je les Assume sans problème vois-tu.

    Répondre
    • Claire
      Claire
      10 mars 2009 at 10 h 45 min (9 années il y a)

      Anonyme, je sens que toute ta colère se déverse sur moi, et comme je ne voulais pas faire de meme j’ai attendu que les émotions retombent pour te répondre.
      JE publies les témoignages au fur et à mesure qu’ils arrivent, et je n’occulte rien.
      Alors, bien sur, peut etre que pour toi, un bébé de quelques cm ne doit pas être un deuil même si on voit bien ses petits bras, ses toutes petits jambes… PArce que même à 10 semaines, un foetus est tout formé…
      Tu crois que je parle de deuil périnatal parce que c’est dans l’air du temps?? Parce que ça fait bien??? Sache que je parle de tous les deuils, et ce au fur et à mesure que les femmes témoignent. J’en ai plusieurs sur ce qui est pour toi le vrai deuil périnatal, mais je respecte aussi l’ordre d’arrivée.
      Mais meme si tu nous reconnait la douleur, tu ne nous reconnais pas le deuil, et ça, c’est inacceptable.
      Je te souhaite de t’apaiser, que ta souffrance deviennen plus douce, mais cela prend du temps. Et je te serre fort parce que j’entends combien tu souffres.

      Répondre
  15. anonyme
    10 mars 2009 at 12 h 23 min (9 années il y a)

    Réponse à Isa concernant la charte philosophique de la maternité sur le deuil périnatal:
    Rarissime sont les femmes faisant une fausse couche spontanée en milieu hospitalier, laisse moi douter quant à qui s’adresse ses propos.
    Et ça s’appelle savoir de quoi en parle.
    Mais c’est vrai, pardon, se retrouver avec un enfant mort dans les bras c’est tout à fait comparable à une fausse couche, suis-je bête.
    Dommage qu’il faille le vivre pour le croire.
    Continuez de penser que je suis intolérante et ne remettez pas en cause 2sd vos propos. Les miens n’étaient pas voués à être blessants.
    Et je continue à dire que oui, vivre une fausse couche c’est douloureux, un avortement aussi; mais que ça reste différent de vivre une mort fœtale. Point barre. Et si vous fouillez un peu, vous trouverez assez facilement la définition du deuil périnatal sus-citée. Je n’invente rien.
    Vous êtes bien loin de la réalité que vous pensez connaitre, et c’est tant mieux pour vous….

    Répondre
    • Claire
      Claire
      10 mars 2009 at 12 h 23 min (9 années il y a)

      Anonyme, personne ne compare la douleur ici.

      Répondre
  16. Isa/Bestiol2
    11 mars 2009 at 4 h 34 min (9 années il y a)

    …je ne répondrais que sur un point: les témoignages. Claire a proposé, nous ne savons pas ce qu’elle reçoit comme récits et j’ai suffisamment confiance en elle pour penser qu’elle ne privilégie pas une « expérience » plutôt qu’une autre! (comme expliquer dans le 1er article de cette rubrique)
    la vie est ainsi faite qu’il y a sans doute plus de FS du 1er trimestre donc plus de femmes « susceptibles » de parler de ce sujet là en particulier, je le mets entre guillemets parce que c’est une réalité: certaines femmes ne s’en relèveront jamais et d’autres très difficilement…
    C’est une tribune où l’on est libre de venir se raconter si l’on veut, j’espère que d’autres femmes continueront de témoigner ici, quelque soit leur histoire!

    Répondre
  17. Julie
    13 mars 2009 at 11 h 10 min (9 années il y a)

    Blandine ton message est tout simplement touchant.

    Pour anonyme et angélique. Qui a commencé en premier à comparer les douleurs? Je trouve ça très malsain. On ne cherche pas à savoir qui a le plus mal, qui est le plus heureux,… Claire a ouvert un endroit où toutes femmes ayant besoin de parler, de faire son deuil peut le faire. Dire qu’une femme ayant fait une fausse couche n’a pas de deuil à faire c’est… Je ne trouve pas de mot. Certes ce n’est peut-être pas le même deuil je te le concède. Mais il y a plusieurs deuil dans la vie que l’on perde un ami, un membre de sa famille, un animal… un enfant. Et même deux personnes vivant la même perte ne vivront pas le même deuil.

    Simplement respectons le lieux d’échange qu’à créer Claire. Merci à elle de donner la parole aux femmes.

    Alors merci Claire et merci à toutes les femmes qui osent témoigner.

    Répondre
  18. Cécile
    1 avril 2009 at 12 h 26 min (9 années il y a)

    Bonsoir à toutes, je voulais juste te dire merci Claire… comme j’ai fait un déni au début de ma grossesse (2 mois), j’ai eu une grosse prise de conscience au moment de ma fausse couche (15 jours après l’annonce « officielle ») et je refais un déni depuis, cela fait quatre mois, je suis passée par un mois de déni de fausse couche et 15 jours de tristesse… je suis encore dans une sorte de déni que je m’impose inconsciemment… Pour répondre aux derniers post, si animés qu’ils soient… je me suis dis effectivement que ça pourrait être PIRE car la fausse couche « ça arrive souvent pour une première grossesse et ça n’empêche pas de recommencer à tomber enceinte » (enfin, j’ai découvert que c’est ce que tout le monde dit)… je vais être un peu crue mais à propos de bébé ou foetus ou embryon… pour moi, le terme approprié est celui que la future mère choisit pour elle même… donc à propos de bébé « mort », je l’ai vu aussi, moi, mon bébé « mort » et ça a été très douloureux…il aurait été plus formé cela m’aurait peut être AIDE à assimiler d’où vient toute cette souffrance et colère sourde qu’il ya en moi… car il s’agit bien de ça en fait, n’est ce pas Claire? de souffrance… de chacune… pas de définitions et de cases à cocher… bref, restons bienveillantes, et n’oublions pas que chacun définit comme il veut ce qu’il veut mais au bout du compte… les sentiments sont bien présents et légitimes… encore MERCI Claire! peut être qu’un jour, je trouverai le courage d’aborder mon histoire mais en tout cas, ton initiative m’aide beaucoup!

    Répondre
    • Claire
      Claire
      1 avril 2009 at 12 h 26 min (9 années il y a)

      Cecile, je te serre fort….

      Répondre

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