Un moment de doula comme tant d’autres…

Cette naissance est prévue pour dans plus de 15 jours, mais à force, on le sait, les bébés font ce qu’ils veulent.

A. m’appelle en début de soirée pour me dire qu’elle contracte toutes les 7 mn. Bon. Elle n’a pas la voix d’une maman en travail, on verra comment ça évolue. Mon homme rentre et je lui dis que peut être je vais devoir partir dans la nuit. Il me dit de lui laisser les numéros de téléphone des baby sitters. Flûte, demain, c’est mercredi, et je sais que la baby sitter qui vient beaucoup en ce moment garde une petite. Et en plus, c’est le jour ou mon grand n’a pas école. Tant pis, on verra.

Je dis à mon chéri que de toute façon, il n’est pas certain qu’A. me rappelle, que ça peut être un prétravail…

Je préviens tout de même les enfants que peut être, je devrais partir dans la nuit. Tomy a beaucoup de mal en ce moment avec mes départs. Il ne veut pas. « Non, on veut pas que Julie (la baby sitter) vienne… »

Cedric ne peut pas rester demain. Il a du travail. Pourtant, là, c’est moi qui semble avoir du travail. Mais a priori, soutenir une maman pendant la naissance de son bébé est moins important que finir une pub télé. Il faut dire que c’est lui, le soutien de famille. Donc ça compte plus…

Non, je suis dure, peut être un peu remontée. Car il est avec moi et même s’il râle pas mal, il m’a toujours soutenu dans mes choix…

On couche les enfants, juste avant, la maman me rappelle, cela suit son cours et elle va se reposer en attendant.

Je couche Tomy, lui donne le sein, puisque même à presque 3 ans, c’est ainsi qu’il s’endort avec moi. Mais ce soir, c’est très dur. Il sait que je peux partir à tout moment et il refuse que je m’eloigne… Il a beaucoup de mal à lâcher et tomber dans le sommeil et ne s’endort vraiment qu’à minuit passé. Cedric et moi n’avons pas encore mangé. Diner tardif du coup… Puis, après un passage à l’ordinateur, je monte me coucher, enfin. Il est pas loin de 2h du matin…

A 2h30, mon portable sonne. J’aurais du me coucher plus tôt, je le sais que je dois me reposer en période d’accouchement. Tant pis. C’est A. Elle a besoin de présence, elle voudrait que je vienne et elle pleure au téléphone. Je sens bien que le travail ne semble pas vraiment avancé, mais si elle a besoin, je viens. Je lui conseille d’appeler aussi sa sf puisque c’est une naissance à domicile, et que je ne veux pas me retrouver seule là bas si le bébé arrive.

Je dis à Cedric, complètement endormi, que je lui ai laissé les numéros dans la cuisine. Et je pars. J’ai 50 km à faire, mais au moins, la nuit ça roule bien. Ca va, ce n’est pas trop loin. Lorsque j’arrive, la sf est déjà là. Il y a une élève sf avec elle. Beaucoup de monde je trouve. A. va bien. Les contractions ne semblent ni intenses ni rapprochées. Ça semble plus un pretravail qu’un travail. On décide tous d’aller se coucher vers 5h. On verra plus tard. Peut être demain, peut être la semaine prochaine, qui sait…

Re 50km pour rentrer. Arrivée à la maison, surprise, tout le monde est réveillé… Tomy pleure depuis 4h du matin, il est inconsolable. Et il a réveillé Noa bien sur…

Malgré le sein, il met beaucoup de temps à se rendormir, il est inquiet que je reparte. Je suis épuisée par le manque de sommeil.

Vers 6h30, j’arrive à me rendormir, ouf…

Épuisée oui. Et Tomy aussi. On se réveille à midi. Noa est devant ses dessins animés. Pas de judo aujourd’hui, vu que c’est dans moins d’une heure, que personne n’est habillé et n’a mangé… Journée au ralenti.. Mais pourquoi le téléphone sonne-t-il autant quand on est si fatiguée ???

A 17h30, A. me rappelle. Elle est à 8cm. La sf et l’élève sont là. Il faut que je vienne. Vite, j’appelle Cedric pour qu’il revienne plus tôt. Perle d’homme, il part une heure en avance de son travail… Mais impossible de joindre ma baby sitter. Elle n’a pas pris son portable et ne revient qu’à 19h30… Non, ce sera trop tard… En désespoir de cause, je demande à des voisins, les seuls avec lesquels on a sympathisé, et qui ont l’age de nos parents, s’ils veulent bien venir surveiller les enfants durant 1h30. Je me sens hyper mal de demander ça, surtout qu’on n’est pas non plus intime… Gonflée la fille, mais je n’ai pas le choix… Ouf, ils acceptent, il faut dire que c’est un couple absolument adorable.

Je file vite, après avoir passé 5mn pour voir comment ça tournait. Faut en plus que j’explique que Tomy adore être tout nu et qu’on n’est pas des parents malades qui laissent exprès nos enfants zizi à l’air…

La maison est dans un bordel monstre, rien n’est rangé, ; pas d’aspirateur passé, normalement, je sauve les meubles avant que Cedric rentre, en rangeant un peu après le passage des cyclones Noa et Tomy. Mais là, pas le temps… tant pis, j’y penserais un autre jour, j’ai toujours mes 50km qui m’attendent…

Là bas, c’est le papa qui m’ouvre, avec leur fil aîné dans les bras. Bon. Donc, il n’est pas avec A. Il s’occupe de M. Mon cœur de doula me dit fugitivement que l’élève aurait pu le faire le temps que j’arrive. Je lui propose de lui donner le bain pour qu’il aille avec sa femme. Elle est dans leur chambre, avec la sf et l’élève qui sont tout à fait formidables mais ça fait du monde…. Beaucoup de monde. Trop je trouve… La chambre n’est pas grande. Avec le papa en plus, c’est bouché…

Leur fils ne fait pas de difficulté à rester avec moi. Pourtant, on ne s’est vu qu’une fois, les autres rdv ont été juste avec la maman, elle avait envie d’un moment rien qu’à elle.

Il sent qu’il se passe des choses, il n’a pas encore 2 ans. Et il sent que je suis une amie. Alors il est d’accord pour rester et jouer avec moi.

Là pour moi, ce qui compte, ce n’est pas d’être dans l’accouchement, mais de permettre au papa d’y être. Peu importe si je joue la baby sitter.

 La petite arrive très vite… Tout se passe bien… Les parents sont supers.

Quand je rentre chez moi, il est 22h passé. Les enfants ne sont pas couchés. Alors, il faut laver les dents, rassurés et coucher les petits Ils sont très énervés. Et moi, éprouvée émotionnellement. Ça vide un accouchement. C’est un privilège d’être conviée comme cela dans l’intimité d’une famille. Mais ça vide.

Tomy dort sur moi cette nuit là. Il a trop peur que je reparte. Il s’assure ainsi que je ne peux pas bouger. Ce n’est pas la meilleure position pour dormir mais tant pis… Je voudrais me reposer mais entre ça et ses tétés, c’est dur.

Demain, une autre journée m’attend…


PS: j’ai publié ce texte avec l’accord de la maman accompagné, bien évidemment. Merci à ce couple ainsi qu’à tous les autres et tous les soignants qui nous permettent de faire ce métier si prenant mais formidable. Et merci à mon homme et mes enfants de me soutenir…







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